Nuages au-dessus d’une côte rocheuse du Groenland
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Météo et climat

Pratique 22 min de lecture Dernière vérification le 31 juillet 2026

Le Groenland a un climat arctique où la saison, le vent, les nuages et la glace de mer influencent directement les transports et les activités extérieures. Nous conseillons de choisir la période selon l’expérience recherchée, puis de prévoir assez de marge pour modifier le programme.

Un climat arctique qui varie selon les régions

Le Groenland connaît un climat arctique, avec des hivers longs et sombres et des étés brefs, plus doux. Cette définition générale ne signifie pas que les conditions sont identiques dans tout le pays. Les villes et villages se trouvent pour la plupart sur la bande côtière libre de glace, tandis que l’intérieur est recouvert par l’inlandsis. Un voyage se déroule donc presque toujours près du littoral, où la mer, le relief, le vent et la couverture nuageuse locale influencent directement la météo.

Les distances entre les destinations sont importantes. Le temps observé dans une ville ne permet pas de prévoir celui de l’étape suivante, même le même jour. Ce point compte particulièrement lorsqu’un itinéraire comporte plusieurs vols : les différentes étapes ne se trouvent pas nécessairement dans le même système météorologique et ne sont pas reliées par un réseau routier permettant de modifier facilement le trajet.

Nous considérons donc la météo comme une composante de l’itinéraire, et pas seulement comme une indication pour préparer les vêtements. Le vent, les nuages et la glace de mer peuvent modifier les vols, les déplacements et les activités en plein air. Cela concerne aussi bien les journées de transport que celles réservées à l’excursion principale du séjour.

Températures mensuelles, ville par ville

Le Groenland s'étend sur plus de 24 degrés de latitude, et le climat varie nettement d'une ville à l'autre. Les chiffres ci-dessous proviennent des "Climatological Standard Normals 1991-2020 – Greenland" officielles du DMI (rapport DMI 21-12) — période de référence 1991-2020, sauf mention contraire pour un tableau donné. La plupart des sites de voyage omettent la période couverte par leurs chiffres ; nous la précisons, car c'est elle qui distingue un chiffre sourcé d'une estimation.

Chaque tableau indique trois lignes : la moyenne des maximales (proche de la température diurne habituelle), la moyenne générale (moyenne de toutes les mesures sur 24 heures) et la moyenne des minimales (proche de la température nocturne habituelle).

Ilulissat (station DMI 4221, aéroport, 69°14′N)

janv. févr. mars avr. mai juin juil. août sept. oct. nov. déc. Année
Moy. max (°C) -9,2 -11,3 -10,9 -4,0 3,1 9,0 11,5 9,6 5,3 -0,3 -4,0 -6,3 -0,6
Moyenne (°C) -12,6 -14,8 -14,5 -7,3 0,3 5,8 8,3 6,6 2,6 -2,9 -7,0 -9,4 -3,7
Moy. min (°C) -16,2 -18,6 -18,8 -11,6 -2,9 2,7 4,9 3,1 -0,5 -6,0 -10,3 -12,7 -7,2

Sisimiut (station DMI 4234, aéroport, 66°57′N)

janv. févr. mars avr. mai juin juil. août sept. oct. nov. déc. Année
Moy. max (°C) -8,4 -10,3 -8,4 -2,0 4,0 9,0 11,6 10,7 6,8 2,0 -2,3 -5,2 0,6
Moyenne (°C) -11,5 -13,7 -12,0 -5,5 0,7 5,1 7,6 7,3 4,1 -0,7 -5,0 -8,0 -2,6
Moy. min (°C) -14,5 -17,0 -15,5 -8,9 -2,2 1,9 4,3 4,5 1,5 -3,2 -7,6 -10,7 -5,6

Nuuk (station DMI 4250, 64°11′N)

janv. févr. mars avr. mai juin juil. août sept. oct. nov. déc. Année
Moy. max (°C) -5,3 -5,8 -5,5 -1,0 3,7 8,0 10,5 9,7 6,3 2,0 -1,3 -3,1 1,5
Moyenne (°C) -7,7 -8,3 -7,8 -3,2 1,1 4,7 7,0 6,7 3,9 0,1 -3,3 -5,3 -1,0
Moy. min (°C) -9,8 -10,5 -10,0 -5,3 -1,1 2,0 4,2 4,4 2,1 -1,6 -5,1 -7,3 -3,2

La moyenne annuelle du DMI pour Nuuk est de -1,0 °C sur 1991-2020. Certains sites de voyage annoncent environ +1 °C — ce chiffre ne correspond pas au tableau du DMI, et nous retenons le calcul du DMI lui-même comme référence.

Qaqortoq (station DMI 4272, 60°43′N)

janv. févr. mars avr. mai juin juil. août sept. oct. nov. déc. Année
Moy. max (°C) -1,9 -2,5 -1,1 3,4 6,7 9,8 11,7 11,2 8,7 4,8 0,9 -1,0 4,2
Moyenne (°C) -4,9 -5,5 -4,1 0,4 3,4 6,2 8,1 8,1 5,9 2,3 -1,7 -3,7 1,2
Moy. min (°C) -7,8 -8,6 -7,4 -2,7 0,2 2,7 4,6 5,3 3,5 -0,1 -4,0 -6,4 -1,7

Qaqortoq est la plus chaude des cinq villes, ce qui correspond à sa position méridionale, à 60,7°N — à peu près la latitude d'Oslo.

Tasiilaq (station DMI 4360, Ammassalik, 65°36′N)

janv. févr. mars avr. mai juin juil. août sept. oct. nov. déc. Année
Moy. max (°C) -3,3 -3,1 -2,6 1,3 4,5 8,4 10,9 10,3 6,9 2,5 -0,4 -2,3 2,8
Moyenne (°C) -6,0 -6,1 -5,9 -2,2 1,3 4,8 7,2 6,9 4,2 0,1 -2,8 -4,9 -0,3
Moy. min (°C) -8,9 -9,2 -9,2 -5,7 -1,8 1,3 3,5 3,8 1,7 -2,2 -5,2 -7,6 -3,3

Tasiilaq est plus doux en hiver que ne le laisserait supposer sa seule latitude — comparable à Sisimiut, plus au nord sur la côte ouest. Les étés y sont en revanche plus frais et plus brumeux ; nous y revenons plus bas.

Source pour les cinq tableaux : rapport DMI 21-12, tableau 3 (moyenne), tableau 5 (moyenne des maximales) et tableau 9 (moyenne des minimales). Période de référence 1991-2020.

Précipitations

La conclusion principale du DMI est sans ambiguïté : les précipitations sont bien plus abondantes dans le sud et le sud-est du Groenland que dans le nord et le long de la côte ouest centrale, et elles diminuent de la côte vers l'intérieur des fjords. Ilulissat et Sisimiut, les deux villes les plus visitées, sont en réalité des endroits secs — plus proches d'un climat désertique que ce que « Groenland côtier » laisse penser.

janv. févr. mars avr. mai juin juil. août sept. oct. nov. déc. Année
Nuuk (normale) 72,8 55,4 59,2 53,0 60,5 61,7 75,5 92,7 106,0 79,7 82,6 74,9 874,0
Qaqortoq (normale) 75,6 77,7 63,8 66,7 58,3 69,3 81,6 103,0 116,2 88,8 100,6 70,1 971,7
Tasiilaq (normale) 113,2 99,3 93,6 75,4 58,3 34,9 39,4 58,8 89,8 71,0 91,4 90,0 915,1
Sisimiut (moyenne 2002-2020) 48,8 29,9 31,5 32,0 30,3 25,1 51,6 62,4 60,5 62,4 62,4 55,7 552,6

Tous les chiffres sont en mm. Nuuk, Qaqortoq et Tasiilaq correspondent aux normales DMI 1991-2020. La série de mesures propre à Sisimiut est trop courte pour une normale complète sur 30 ans ; son chiffre est donc la moyenne DMI 2002-2020 — indiquée séparément, car elle n'est pas calculée sur la même base que les trois autres.

Le régime de Tasiilaq est particulier : le plus sec au cœur de l'été (juin-juillet), le plus humide en automne et en hiver — l'inverse de l'idée selon laquelle l'été serait la saison des pluies.

Ilulissat ne dispose d'aucune normale de précipitations publiée pour elle-même : la station de la ville est absente des tableaux de précipitations du DMI, contrairement aux tableaux de température ci-dessus. Le chiffre sourcé le plus proche est celui d'Aasiaat, à environ 70 km au sud d'Ilulissat sur la même côte, avec une normale DMI 1991-2020 de 330,6 mm/an. Il s'agit d'une estimation régionale, non d'une mesure d'Ilulissat elle-même, et doit être lue comme telle.

Le cumul le plus élevé sur 24 heures relevé entre 1991 et 2020 est de 118,0 mm à Qaqortoq, les 7 et 8 octobre 2012. Le cumul le plus élevé sur 24 heures jamais mesuré au Groenland est de 183,5 mm à Ikerasassuaq, dans le sud-est du pays, les 1er et 2 novembre 1964 (rapport DMI 21-12).

Lumière du jour : soleil de minuit et nuit polaire

Les dates ci-dessous proviennent du calculateur solaire de timeanddate.com pour 2026 et peuvent varier d'environ ±1 jour d'une année sur l'autre, selon la manière dont chaque outil définit le « lever du soleil ». Elles sont fiables à un jour près, pas à la minute près.

Lieu Latitude Soleil de minuit Nuit polaire Remarque
Ilulissat 69°14′N 20 mai – 23 juil. (≈65 jours) 30 nov. – 11 janv. (≈43 jours) —
Sisimiut 66°55′N 3 juin – 9 juil. (≈37 jours) Aucune véritable nuit polaire Le soleil dépasse brièvement l'horizon chaque jour en hiver ; jour le plus court ≈1 h 37 (vers le 21 déc.)
Nuuk 64°11′N Aucun (au sud du cercle polaire) Aucune Jour le plus long (21 juin) ≈21 h 10 ; jour le plus court (21 déc.) ≈4 h 06
Qaqortoq 60°43′N Aucun Aucune Jour le plus long (21 juin) ≈19 h 09 ; jour le plus court (21 déc.) ≈5 h 38
Tasiilaq 65°36′N Pas de véritable soleil de minuit Pas de véritable nuit polaire Voir ci-dessous

Tasiilaq mérite qu'on s'y attarde : la ville est si proche de la ligne du soleil de minuit qu'au solstice du 21 juin, le soleil se couche à 01h08 et se relève dès 01h56 — moins d'une heure sous l'horizon, pour environ 23 h 12 de lumière du jour ce jour-là. Le rapport du DMI le formule sans détour : la ligne du soleil de minuit passe par Tasiilaq. La ville n'a pas non plus de véritable nuit polaire ; le DMI situe la limite de la nuit polaire à environ 200 km au nord de Tasiilaq. C'est un détail rarement mentionné, mais vérifiable, et qui dit quelque chose de concret sur la position réelle de Tasiilaq.

Piteraq, foehn et brume d'été

Au-delà des variations saisonnières habituelles, la météo groenlandaise comporte quelques phénomènes nommés, utiles à connaître selon la région visitée.

Le piteraq est un vent catabatique (descendant), violent et froid, propre à la côte est du Groenland, particulièrement marqué dans la large baie au sud de Tasiilaq et au fjord de Kangerlussuaq, sur la côte est (un fjord distinct et inhabité, à ne pas confondre avec la ville aéroportuaire de même nom sur la côte ouest). Il se forme lorsqu'une masse d'air froid d'origine canadienne est plaquée vers le bas de l'inlandsis par une dépression longeant la côte : la vitesse du vent peut passer du calme à la tempête en quelques minutes. Le rapport du DMI documente un cas extrême : le piteraq qui a frappé Tasiilaq en février 1970, avec une température d'environ -20 °C et une vitesse de vent en pointe proche de 90 m/s (environ 324 km/h).

Le foehn peut produire l'effet inverse sur la côte ouest : un air chaud et sec qui fait grimper nettement la température en hiver. Le DMI documente un cas précis à Qaqortoq, du 26 novembre au 6 décembre 1997, où la température est passée de -21,9 °C à +8,6 °C en 24 heures — un écart de 30,5 °C — tandis que l'humidité relative chutait d'environ 80 % à 40 %. L'épisode a duré neuf jours au total et s'est fait sentir jusqu'à Sisimiut. Nuuk possède son propre coup de vent du sud, le « sydvesten » (groenlandais : nigersuaq), qui peut atteindre la force de tempête et pousse parfois la température hivernale à 10-15 °C pour une courte période.

La brume d'été touche surtout la côte ouest. Le DMI situe la saison de la brume entre mai et septembre, avec un pic en juillet, période où les eaux côtières sont brumeuses environ 20 % du temps. Elle se forme parce que l'eau libre de l'été reste froide, refroidie par la fonte des glaces, sous un air plus chaud en surface. Elle se cantonne généralement à la côte extérieure et se dissipe rapidement lorsque la brise de mer quotidienne la pousse vers les fjords — une des raisons pour lesquelles les aéroports de Kangerlussuaq et de Narsarsuaq, tous deux loin à l'intérieur de leur fjord, ont été implantés à cet endroit.

Glace de mer

La glace de mer suit un cycle annuel que le DMI décrit à partir des cartes de glace médianes pour 2000-2020 — une évolution typique que le DMI qualifie lui-même de variable d'une année sur l'autre, et non d'un calendrier fixe.

L'étendue de glace est proche de son maximum de février à mai, certaines années jusqu'au cap Farewell sur les deux côtes. À partir de juin, elle recule, pour atteindre son minimum en août-septembre, période où la côte ouest est pratiquement libre de glace tandis que la côte est se replie en moyenne vers 75°N — avec une variation de plusieurs degrés de latitude d'une année sur l'autre. La reformation commence en octobre.

Sur la côte ouest, autour de la baie de Disko (Ilulissat), le DMI indique, à titre de repère, que les navires peuvent généralement rejoindre Aasiaat et Ilulissat de la mi-mai à la mi-décembre — un repère du DMI, non une date fixe, qui varie selon la quantité de « glace de l'ouest » charriée vers le sud par le courant du Labrador. Il s'agit là de glace de mer, un phénomène distinct de la saison des icebergs d'Ilulissat : les icebergs issus du glacier Sermeq Kujalleq (glacier de Jakobshavn) vêlent dans le fjord glacé et occupent la baie toute l'année — le DMI décrit la baie de Disko comme l'une des zones à icebergs les plus productives du Groenland.

Sur la côte est, le courant est-groenlandais charrie du « storis » (glace de dérive/banquise) le long du littoral une grande partie de l'année, et au plus froid de l'hiver, il peut bloquer la côte jusqu'au cap Farewell et autour de celui-ci.

Choisir sa saison selon les activités

Les saisons groenlandaises sont bien marquées, mais aucune période ne garantit des conditions précises un jour donné. Le vent, la visibilité et les nuages peuvent changer rapidement, y compris au cœur de la saison normalement associée à une activité.

Le calendrier constitue néanmoins un premier filtre utile. Les sorties en traîneau à chiens ont lieu de janvier à avril. Cette activité est légalement limitée à l’ouest du Groenland au nord du cercle polaire arctique, ainsi qu’à l’est du pays : c’est la règle dite de la « ligne des chiens ». Il n’y a donc pas de traîneau à chiens à Nuuk, à Qaqortoq ni ailleurs dans le sud du Groenland.

Les aurores boréales sont visibles de septembre à avril. Dans la baie de Disko, les baleines à bosse sont présentes de la mi-juin à août. La randonnée et le kayak se pratiquent généralement de juin à septembre. Ces périodes indiquent quand une activité est possible, mais elles ne remplacent pas l’évaluation des conditions locales. Une soirée comprise dans la saison des aurores peut être nuageuse, tout comme une journée d’été peut être trop venteuse pour l’activité prévue sur l’eau.

Nous conseillons donc de commencer par l’expérience recherchée, puis de vérifier si les autres éléments du voyage sont compatibles avec la même période. Il faut ensuite laisser une marge suffisante pour qu’une sortie puisse être déplacée. La bonne saison augmente les possibilités ; elle ne transforme pas la météo en certitude.

Voyager en hiver

En hiver, le froid et le vent sont les éléments les plus perceptibles. Le vent peut rendre les conditions sensiblement plus difficiles que ne le laisse penser la température seule. La visibilité et la couverture nuageuse peuvent également évoluer au cours d’une même journée.

Un voyage hivernal ne devrait pas dépendre d’une seule soirée ou d’un unique créneau d’activité. Si les conditions ne conviennent pas, une sortie peut devoir être retardée, raccourcie, adaptée ou remplacée. Avec une seule journée sur place, il n’existe souvent aucune possibilité réelle de faire une nouvelle tentative.

L’obscurité fait partie de l’hiver groenlandais, mais nous évitons d’en déduire une durée précise de lumière sans tenir compte de la destination et de la date. Les conditions changent au fil de la saison et selon la partie du pays où l’on séjourne. Il est plus utile de préparer le programme à partir des possibilités locales que d’appliquer une idée générale de l’hiver à tout le Groenland.

Pour les vêtements, la nature de l’activité et le temps passé dehors sont plus importants qu’une température théorique. Une courte sortie près d’une ville et une activité prolongée en terrain ouvert ne demandent pas nécessairement le même équipement. Plusieurs couches, une protection contre le vent et de quoi garder les mains et les pieds au sec sont plus pratiques qu’une tenue choisie pour une seule valeur de température.

La même prudence s’applique aux activités saisonnières. Une période comprise entre janvier et avril rend le traîneau à chiens envisageable uniquement dans les régions où il est autorisé et proposé. Entre septembre et avril, la possibilité d’observer une aurore reste liée à la couverture nuageuse de la soirée. Dans les deux cas, prévoir plusieurs nuits ou plusieurs créneaux donne davantage d’options, sans apporter de garantie.

Un été plus doux, mais toujours variable

L’été est plus doux que l’hiver et correspond à la principale période des activités à pied et sur l’eau. La randonnée et le kayak se pratiquent de juin à septembre, tandis que les baleines à bosse sont présentes dans la baie de Disko de la mi-juin à août. Là encore, ce calendrier décrit une saison, pas les conditions d’une journée particulière.

Le vent et les nuages influencent à la fois le déroulement pratique d’une excursion et la manière de s’équiper. Une activité maritime peut être modifiée si les conditions ne permettent pas de suivre le programme initial. Pour le kayak, le vent a une incidence directe sur la sortie. Pour une randonnée, la visibilité et l’exposition au vent peuvent changer les choix faits localement.

Nous déconseillons les itinéraires dans lesquels une activité extérieure importante ne peut avoir lieu que pendant un créneau très court. Même au milieu de l’été, une adaptation peut être nécessaire. Une journée supplémentaire n’assure pas le départ d’une excursion, mais elle offre plus de possibilités qu’un séjour sans aucune marge.

Les bagages d’été doivent aussi convenir à plusieurs situations au cours de la même journée : temps passé en ville, navigation ou activité en terrain ouvert. Des couches superposées, un vêtement extérieur résistant au vent et à l’eau et des chaussures pratiques sont généralement plus utiles qu’une tenue adaptée uniquement à un temps calme. Sur un bateau, le vent ne se ressent pas comme pendant une marche à l’abri du relief.

Vols, nuages et correspondances

L’avion tient une place centrale dans les déplacements entre les destinations groenlandaises. Le vent et la couverture nuageuse peuvent affecter les vols, avec des conséquences sur les correspondances suivantes. Les changements courts et les réservations séparées sont particulièrement vulnérables, surtout lorsque l’étape suivante n’est possible qu’un jour déterminé.

Nous recommandons d’éviter une arrivée en avion suivie, le même jour, par l’activité principale du voyage. Un horaire peut paraître suffisant sur le papier tout en laissant très peu de place à un retard ou à une modification. À l’inverse, prévoir une excursion importante immédiatement avant un vol décisif réduit les solutions disponibles si l’activité doit être déplacée.

Un itinéraire plus solide comporte du temps entre les éléments difficiles à remplacer. Cette marge peut se situer entre un vol intérieur et un départ international, ou entre l’arrivée dans une ville et l’excursion prioritaire du séjour. Une journée tampon n’est pas nécessairement une journée perdue : elle peut servir à découvrir la ville ou à choisir une activité moins dépendante de conditions particulières.

Il est également utile de distinguer, dans sa propre planification, un retard d’une annulation. Les deux peuvent modifier l’ordre du programme, mais un simple décalage suffit déjà à fragiliser un itinéraire très serré. Plus on ajoute de destinations dans un séjour court, plus on multiplie les vols et les correspondances qui doivent se dérouler comme prévu.

Vent, glace de mer et sorties sur l’eau

La mer intervient à la fois dans les déplacements et dans de nombreuses excursions. Le vent et la glace de mer peuvent modifier la navigation et les autres activités nautiques. Les conditions sont évaluées localement, et c’est cette appréciation le jour même qui détermine si une sortie peut avoir lieu selon le programme annoncé.

L’heure de départ et la durée indiquées doivent donc être comprises comme le plan prévu lorsque les conditions s’y prêtent. Une excursion en bateau peut être reportée, adaptée ou annulée. Il en va de même pour le kayak, dont la réalisation dépend directement du vent et des conditions sur l’eau.

Le prix d’une excursion en bateau varie selon les destinations et les types de sortie ; notre article sur les prix au Groenland présente les niveaux de prix constatés, avec source et date. Si une excursion doit être déplacée pour cause de météo, il convient de vérifier les possibilités sur place plutôt que de supposer que chaque départ peut être reporté à n’importe quel moment.

La glace de mer ne doit pas non plus être considérée comme un phénomène hivernal uniforme à l’échelle du pays. Son importance pratique dépend du lieu et du moment. Lorsqu’un déplacement ou une activité nécessite une eau libre ou un état particulier de la glace, nous conseillons de se fier aux informations locales plutôt qu’au seul mois indiqué sur le calendrier.

Ne pas faire dépendre tout le voyage d’une seule tentative

La principale faiblesse d’un programme n’est pas toujours le choix de la saison. Il s’agit souvent de l’absence de solution de remplacement. Si tout le séjour repose sur un seul départ en bateau, une seule soirée d’observation des aurores ou une seule sortie en traîneau à chiens, la météo prend une importance disproportionnée.

Nous préférons organiser un itinéraire de manière à pouvoir déplacer une activité dépendante du temps ou la remplacer si les conditions du jour ne conviennent pas. Même pendant la période appropriée, une journée de mauvais temps reste possible. Un calendrier saisonnier permet de choisir quand venir ; il ne permet pas de réserver les conditions météorologiques.

Lorsque certaines activités extérieures sont prioritaires, il est généralement plus prudent de prévoir moins d’étapes et davantage de temps dans chaque destination. Chaque vol ou correspondance supplémentaire crée un nouveau point où le vent ou les nuages peuvent modifier le programme. Un itinéraire moins chargé est plus facile à réorganiser en cours de route.

Pour comparer plusieurs propositions de voyage, il ne suffit donc pas de compter les activités incluses. Nous regardons aussi combien dépendent de la météo, si plusieurs sont concentrées le même jour et s’il existe un autre créneau possible. Ces éléments indiquent mieux la solidité du programme qu’une longue liste d’excursions.

Notre méthode de planification

Nous partons du principe que la météo peut modifier n’importe quelle partie du voyage, quelle que soit la saison choisie. Nous examinons d’abord les transports. Un parcours comportant plusieurs vols et des correspondances serrées exige davantage de souplesse qu’un séjour prolongé dans une seule destination. Lorsqu’une activité n’est prévue qu’un jour précis, il faut si possible conserver du temps pour la déplacer.

Nous vérifions ensuite si le voyage conserve son intérêt lorsqu’une activité ne peut pas avoir lieu. Si la réponse est non, le programme est probablement trop serré ou trop dépendant d’un seul objectif. Cette vérification est particulièrement importante pour les sorties en bateau, le kayak, le traîneau à chiens et l’observation des aurores, car le calendrier saisonnier ne supprime pas les effets du vent, des nuages ou de la glace de mer.

Le climat groenlandais n’empêche pas de faire des réservations fermes : les vols, les hébergements et les activités doivent toujours être organisés. En revanche, leur ordre doit pouvoir évoluer, et une excursion extérieure ne se déroule pas nécessairement au premier horaire choisi. Pour nous, une bonne préparation consiste donc à sélectionner la saison adaptée, puis à laisser à la météo une place réelle dans l’itinéraire.

Dernière vérification le 31 juillet 2026